J’irai à Biarritz en bicyclette

Ce voyage s’est déroulé entre le 9 et le 18 juillet 2018. L’article a été écrit, mis à jour et publié chaque soir pendant cette période, avant d’être rapatrié ici afin de rassembler l’ensemble de mes textes au même endroit.

Etape 1 : Cramoisy (Oise) – Beaulieu (Orne)

182 kilomètres. 7h21 de vélo. Je suis parti à 6h30 et arrivé vers 14h30. 25km/h de moyenne. 1493m de D+.

Une chaleur écrasante sur la route pendant quelques heures à la mi-journée. Le bitume fondait au soleil. Le cliquetis des gravillons contre le cadre rompait la monotonie des nombreuses lignes droites.

C’est environ 6 litres d’eau bus. Ravitaillements juste en quittant le Val d’Oise pour l’Eure dans une boulangerie puis dans un tabac. Les gens sont sympas. Bananes. Et figues (dont je commence déjà à me lasser).

Camping à Beaulieu, dans le domaine agricole du Breuil, frontière entre l’Orne et l’Eure. Mon réchaud n’est apparemment pas compatible avec ma bouteille de gaz. J’aurai dû essayer ça avant. Je verrais ça demain. Des campeurs m’ont aidé et m’ont chauffé les 300ml d’eau dont j’avais besoin pour mes pâtes carbo lyophilisées. Un délice.

Repos. Demain sur le vélo à 6h30 en direction du Mans.

À demain même Eure 😉 Ciao !

L’étape 1.

Etape 2 : Beaulieu (Orne) – Neuville-sur-Sarthe (Sarthe)

99 kilomètres. 4h08 de vélo. 24km/h de moyenne. 784m de D+.

Parti à 7h00 il faisait frais ce matin. La température idéale pour rouler. Manchettes donc pour commencer cette étape. Routes forestières pour débuter puis campagne jusqu’à l’arrivée.

Ça a commencé à bien taper vers le milieu de la matinée même si la sensation de chaleur était moins forte qu’hier.

Pas mal d’arrêts aujourd’hui pour (re)trouver mon chemin. L’itinéraire GPS me guidait vers des chemins non praticables pour mon vélo. Donc on sort la carte ou le téléphone pour rectifier ça. La prochaine fois je passera encore plus de temps à la conception des itinéraires en checkant TOUTES les routes !

« Vous voulez que je pousse l’échelle ? »

Plein de beaux paysages et de beaux villages traversés. Je retiendrais spécialement cette petite épicerie juste avant d’arriver en pays Sarthois. Beaucoup de cachet, comme le reste du village de La Perrière d’ailleurs.

Repos dans un village à 7 kilomètres au nord du Mans ce soir.

L’étape 2.

Allez les bleus et à demain ! Ciao !

Etape 3 : Neuville-sur-Sarthe (Sarthe) – Bléré (Indre-et-Loire)

119 kilomètres. 4h50 de vélo. 24,5km/h de moyenne. 711m de D+.

La France est en finale !!! Belle ambiance au camping ! Plus qu’à décrocher cette deuxième étoile dimanche !

Aujourd’hui c’était liaison entre Le Mans et Tours. En sortant du Mans en direction de Mulsanne je ne me suis pas fait prier pour emprunter la ligne droite la plus connue de l’histoire automobile. Alors que les bolides et leur(s) pilote(s) s’y arrachent à plus de 350km/h, je plafonnais à un bon 30 dans cette mythique ligne droite des Hunaudières.

Parti à 7h00. Le temps était nuageux et venteux par moment.

Avec les sacoches j’avais parfois l’impression de reculer !

Repos entre Tours et Loches avec vue sur les bords du Cher.

A demain ! Ciao !

Etape 4 : Bléré (Indre-et-Loire) – Cromac (Haute-Vienne)

139 kilomètres. 5h34 de vélo. 25km/h de moyenne. 1104m de D+.

Les paysages passent et ne se ressemblent pas. J’ai l’impression d’avancer. Les odeurs, la flore et les gens changent. Petit à petit. Coups de pédales après coups de pédales. Ça se voit et ça fait du bien.

Ce matin, j’ai directement commencé par rejoindre Loches. Comme pour Le Mans et Tours, j’en ai profité pour visiter rapidement.

La cité royale de Loches est superbe. Le haut de la ville offre un beau panorama en plus de vous faire ressentir les sensations d’une Paris-Roubaix sur quelques mètres grâce à ses pavés. Tout y est propre, autant les bâtiments que les parterres. Pas mal.

Plein sud aujourd’hui j’ai traversé le département de l’Indre dans toute sa hauteur. Ciel bien dégagé. Peu de nuages. Peu de vent. Beaucoup de chaleur. Parti un peu plus tard, à 8h00, le soleil était là dès le début. Ça cognait sévère à partir de 11h.Le bitume fondait et c’est un son de « papier bulle en cours d’écrasement » qui se propageait lorsque je roulais sur quelques gravillons fiévreux.

Aujourd’hui j’en ai chié. Je comptais les derniers kilomètres. Énumérais de nouveau la liste des villages à traverser en enlevant celui dépassé. La chaleur. Les vallons où une descente égale une montée quelques minutes plus tard. La chaîne commence à craquer. Il faut que je vois ça. Aussi. Passage dans un magasin demain. Difficile à trouver. Il y a peu de choses ici. Et c’est pas plus mal.

La chaleur, les vallons et la chaine sont pardonnés grâce à cette belle étape. Riche en paysages variés, aux routes propres et très peu empruntées. Dans les forêts, les champs, à travers les étangs, sur les ponts et dans les beaux villages Indriens.

Repos à Cromac en Haute-Vienne. Demain le cap est maintenu sur le sud. Limoges sera visée et dépassée.

A demain ! Ciao !

L’étape 4.

Etape 5 : Cromac (Haute-Vienne) – Saint-Germain-les-Belles (Haute-Vienne)

109 kilomètres. 4h56 de vélo. 22,1km/h de moyenne. 1738m de D+.

« Putain de vallons » aura sans aucun doute été l’insulte la plus prononcée aujourd’hui. La plus douce aussi. Parce que j’en ai sorti face aux 1738 mètres gravis aujourd’hui.

Un col, c’est beau. Ça signifie quelque chose. Un vallon, c’est trop petit. N’a aucune signification. N’apporte aucune satisfaction (si ce n’est le panorama à son sommet). Ni aucune gratification. Par contre ça monte. Et le cumule de plusieurs vallons pète les jambes.

Départ plutôt aujourd’hui. Le vélociste, situé à 20 kilomètres au sur-est de mon point de départ, n’ouvrait qu’à 9 heures. Le détour vers l’est fait me voilà au magasin de la ville de La Souterraine, porte d’entrée de la Creuse et point de passege des pèlerins vers Saint-Jacques-de-Compostelle. Inutile de dégraisser la chaîne, elle tournait à sec, d’où les craquements. Léger nettoyage et graissage. Pressions des pneus. La route continue. Et sans grincements. Cool.

Un soleil bien présent malgré quelques nuages.

Repos à Saint-Germains-les-Belles, encore un point de passage pour les pèlerins.

Quasiment dernière commune de la Haute-Vienne avant la Corrèze demain.

A demain ! La bise ! Ciao !

L’étape 5.

Etape 6 : Saint-Germain-les-Belles (Haute-Vienne) – Rocamadour (Lot)

116 kilomètres. 4h58 de vélo. 23,4km/h de moyenne. 1498m de D+.

Ce matin ça caille. Manchettes. La pluie s’invite au dénivelé. Première sortie de la veste coupe-vent/pluie.

Un petit coup au moral lorsque j’emprunte une mauvaise route. J’ai décidé de la prendre. Elle était plus directe, d’environ 5 kilomètres mais avait plus de dénivelé. Je m’en suis voulu parce que j’en ai chié dès le départ, à froid. Et sous la pluie. Leçon retenue.

Arrivé à Brive-la-Gaillarde, le soleil faisait déjà bien son apparition.

Rencontre avec Namir en arrivant à Noailles. Après m’avoir posé quelques questions sur mon tour de vélo et pris des photos, il voulait absolument m’offrir quelque chose. J’accepte un Coca-Cola et nous continuons de discuter un peu. Soucieux il m’a même demandé en partant si je ne manquais de rien. Hyper sympa ! Belle rencontre.

La route continue. Sous la chaleur. Dans un four. L’eau des gourdes est chaude. Mais c’est bon, je prends mon pied. Excepté les montées je jubile à descendre jusqu’à 60km/h par moment dans les lacets. Sous le soleil et avec ces paysages autour.

Le cri strident des cigales m’accompagne. Mais il fait chaud. Très chaud. Paysages vallonnés et arides. Bien arrivé dans le sud. Les rubans d’asphalte s’étalent devant moi. La route semble mouillée au loin. Une flaque. La réfraction de la lumière fait danser l’air. Sur la fin, c’était 1 litre toutes les 30 minutes.

J’aurai pu m’arrêter à chaque village ou dans chaque virage prendre une photo.

Parti de la Haute-Vienne, j’ai traversé toute la Corrèze pour arriver dans le Lot en longeant en début d’étape la Dordogne.

Demain levé tôt pour avaler les quelques 180 kilomètres que séparent Rocamadour de Toulouse. Passage à l’ouest de Cahors. Montauban. Et enfin Toulouse. Avant 15 heures si possible. Je suis attendu. Premier CheckPoint du voyage. Rendre visite à des gens extra. Flâner dans les rues de la « ville rose » (que je ne connais pas encore). Et, espérons-le, voir la France gagner la coupe du monde, dans une ambiance de feu. Le tout très bien entouré.

La journée de demain s’annonce extra !

Au lit ! A demain ! Ciao !

Etape 7 : Rocamadour (Lot) – Toulouse (Haute-Garonne)

Le soleil se lève. La température s’élève. La route aussi. Par moments.

182 kilomètres. 7h27 de vélo. 24,5km/h de moyenne. 1671m de D+.

Déjà une semaine que je suis parti. Ça passe vite.

Départ de Rocamadour très tôt ce matin. Levé à 5h20 pour partir dès le lever prévu à 6h20. Aucun bruit dans le camping. Pour la première fois j’allume la lampe à l’arrière et pars.

Le soleil fait son apparition. C’est beau. Les différentes teintes de bleu des vallons au fond.

La route s’étend devant. Aucune voiture ni aucune personne de croisées. Juste un troupeau de moutons dont certains ont passé le petit muret et sont sur la route.

Les vallons sont très resserrés. C’est du ON/OFF. Pas de plat entre les deux. Soit tout à gauche. Soit une grosse partie à droite. À te vider un Di2 en une matinée.

Je passe toute la matinée dans le Parc Naturel Régional des Causses du Quercy.

Il y a encore des bouteilles vides et quelques drapeaux sur les tables aux centres des petits villages que je traverse. Lendemain de 14 juillet. Toujours personne de croisé sur mon chemin.

Après quelques vallons, je traverse le Lot. La route grimpe encore après ça. Des lacets à travers la roche. Très beau. Très chaud. Le soleil est bien là. Je passe entre Cahors et Saint-Cirq-Lapopie.

Je sais qu’il me reste quelques vallons encore et arrivé à Caussade, un billard jusqu’à Toulouse en passant par Mautauban.

L’eau descend vite. Je fais le plein souvent. Dans les bars à chaque fois qu’il me reste plus qu’un demi-bidon.

Le GPS indique un peu moins de 40°C. Je fais une belle moyenne, chargé comme je suis, sur la route droite et plate.

J’arrive à Toulouse une heure avant le début du match. Rues désertes. Après avoir tiré les clefs cachées dans une chaussure dans le hall à l’entrée de la maison, je prends ma douche en vitesse et fonce, en bus et en métro, jusqu’au bar où l’on m’attend. Me voilà dans la « ville rose », entre autres pour encourager les bleus. J’arrive dans le bar. Retrouvailles !!! Et que quelques minutes de ratées. Splendide.

L’ambiance est folle. Les dures minutes durent. Coup de sifflet final. La France est sur le toit du monde. Incroyable. Indescriptible. Une équipe et un ballon. Vive le sport. Merci les gars. Le monde est dingue dehors.

Contraste entre la solitude matinale et le bain de foule monstre de cette fin de journée. Je n’ai jamais vu autant de gens au même endroit.

À nous maintenant de laisser des bouteilles vides sur les tables et de brandir les drapeaux.

Je fini cette longue et superbe journée très content. Pour plein de choses. Heureux.

A demain ! Ciao ! (Kalinychta pour certains !)

L’étape 7.

Etape 8 : Toulouse (Haute-Garonne) – Pau (Pyrénées-Atlantiques)

182 kilomètres. 7h16 de vélo. 25,1km/h de moyenne. 1841m de D+.

Journée repos hier pour cause de gros orages dans la région de Toulouse. Je voulais joindre Toulouse à Pau en deux étapes mais étant donné que je ne voulais pas modifier l’emploi du temps que je m’étais fixé, j’ai fait tout en une fois.

Le soleil et la chaleur ont repris leurs places.

Étape encore bien vallonée. Passage au sud de Auch. Puis Tarbes. Et enfin Pau. Cap à l’Ouest. J’aperçois la chaîne Pyrénéenne en haut de presque chaque vallon.

Passé Tarbes, la chaîne est là, tout le temps, sur ma gauche. Je sais que je n’ai qu’à aller tout droit et j’arriverai à Pau.

À mon arrivée des amis m’attendent ! Les voir, boire un verre en terrasse, discuter, se balader, et finir la soirée par un bon repas tous les trois ! Le top du top ! Une fin de journée plus qu’agréable ! Ça fait plaisir ! Très content !!!

Demain dernière étape ! Direction Biarritz ! Déjà. A demain ! Ciao !

L’étape 8.

Etape 9 : Pau (Pyrénées-Atlantiques) – Biarritz (Pyrénées-Atlantiques)

126 kilomètres. 4h27 de vélo. 28,5km/h de moyenne. 572m de D+.

Quand j’ai passé le panneau Biarritz j’ai explosé de rire. J’ai parlé tout seul (comme souvent). J’étais content. Simplement.

Parti ce matin sous les coups de 8 heures, je commence par monter quelques vallons bordés par les coteaux. Le ciel est bien dégagé, la vue sur les monts magnifique.

Vers le milieu de l’étape, je rentre un peu plus dans les terres, vers le nord, pour suivre l’Adour. Ce fleuve frontière naturelle entre le département des Landes et celui des Pyrénées-Atlantiques. Je sais qu’en le suivant j’arriverai à Bayonne. Juste eu besoin de tourner vers le sud avant l’embouchure. Vers Anglet. Puis vient Biarritz.

La route est plate. La vitesse moyenne pas dégueu avec ce chargement.

J’arrive à Biarritz donc. Je passe voir l’océan en premier. Au niveau du phare. Je fais un tour dans la ville ensuite.

Puis direction la gare. Un train est dispo dans 2h. Direction Paris. Fin de l’aventure.

1257,2 kilomètres en 50h57 de vélo et avec 11.412m de D+. Sur le selle, j’ai vu pleins de paysages. Différents. Tout est à la fois rapide et lent à vélo. Ça nous laisse du temps. Regarder, s’arrêter, rencontrer et discuter. J’ai revu des amis aussi. Le top ! Le tout en faisant un entraînement foncier pour le triathlon. J’ai hâte de lâcher le vélo aluminium avec ses lourds chargements pour mon vélo carbone, plus léger et plus rigide dans toutes les caractéristiques possibles et sans chargement évidemment. D’environ une trentaine de kilogrammes je passerai à un vélo d’environ 7,8 kilo.

1257,2 kilomètres. Comptés un à un.

Redescente avec le surf (et en véhicule motorisé cette fois-ci) dans quelques jours/semaine(s).

Je vous préviendrai lorsque le blog reprendra du service. Plusieurs projets dans ce style me traversent l’esprit. Peut-être très bientôt.

Vive et voyage et vive le sport ! Ciao !